25 février 2009
Le sport en cauchemard
La sempiternelle litanie des résolutions a attaqué mes cironvolutions au point qu'aujourd'hui un esprit mâtiné de prophylaxie et de bonnes intentions a décidé de prendre ma vie en main, à l'insu de mon plein gré. Une main droite jusque là rompue aux exercices de frappe au clavier, au levage de fouchettes et de verres, adroite à écraser les mégôts en les érigeant tels des mausolées dans un cendrier, s'empare d'une paire de chaussures ignobles dont la semelle aura fosilisée une matière boueuse oubliée.
Dis donc main droite, cette semelle recèle les trésors de l'archéologie de ma vie, comptes tu les faire disparaître en ...Jusque là inerte donc neutre, la main gauche décide de se mêler au fomentement global. L'instigatrice sera suivie du reste de mon corps qui aura décidé de me mettre à l'épreuve. Ces chaussures sont faites pour courir et le reste de ton corps suivra tes pas vers la quête de la tablette de chocolat...abdominal. Déconnez pas, j'ai plus l'âge de ces conneries !
Ton corps se souvient, souviens toi. Moite, je me réveille en sursaut, jette un coup d'oeil circulaire. Ouf, mon gadin n'aura été que de courte durée, un bref Knock-Out. Réveillé par un brave toutou inquiet de voir un jogger en si piètre état, j'en suis quitte pour quelques étirements-assouplissements avant de regagner mes pénates. Un gros coup de pompes en somme.
16 février 2009
Solex, Rolex et Cortex
Séguéla Sarkozy Rolex bling bling
envoyé par inet
Dans les années 60, ils roulaient en Solex, rêves au vent. A 50 ans, ils affichent Rolex et mépris arrogant. A 70 ans, au crépuscule des vieux, ils cherchent un Cortex , juste morts-vivants.
Une bien belle leçon d'iniquité livrée par le publicitaire désormais passé à droite. Messieurs les chômeurs de PSA, SEB, Moulinex, Electrolux, 3 Suisses, La Redoute qui venez de subir de plein fouet le licenciement sur fond de crise et au motif de la pré-retraite, apprenez donc que vous avez de surcroît raté votre vie. Tout comme l'Abbé Pierre ou De Gaulle avant vous.
Mépris, arrogance, inhumanisme, voilà le visage d'une oligarchie et de ses satellites plébiscitée par 53% des français.
14 février 2009
Les Maronniers du VSD
Le maronnier est au journaliste ce que le plat surgelé est au chef de cantoche : La solution de facilité qui permet d'anticiper un week-end. Et entre vendredi 13 et samedi 14, les journalistes nous resservent la même soupe sans aucune mise en perspective.
Vendredi 13, jour de Sainte Loto, tous les poncifs sont de mise : micro-trott sous l'angle de la superstition et du " Que faire de cet argent si vous gagnez ?", une énorme gigantesque campagne de pub à moindre coût pour la Française des Jeux qui surfe sur la crise et le fantasme de la sur-consommation afin de doubler son C.A.
Que les malchanceux se consolent : Dans un mois pile-poil ils auront la chance d'engraisser derechef le marchand de rêve officiel. En effet, le 13 Mars sera un vendredi, en tout 4 vendredi 13 sont présents sur le calendrier, que du bonheur pour de futurs maronniers !
Le lendemain, la saint Valentin ! L'occasion de voir pulluler des coeurs rouges écarlates sur toutes les échoppes, physiques et virtuelles, de France et de Navarre. Encore un maronnier qui occasionne micro-trott sous l'angle du plaisir, du bonheur, de la libération sexuelle. Débats autour des sex-toys autrefois appelés godemichets et de s'interroger sur la libération sexuelle de la femme qui en ce XXI ème siécle assume pleinement ses désirs. Soit.
Alors que le nombre de violences conjugales faites aux femmes ne baisse pas, leur sexualité se porte bien et les médias se font porte-voix de pratiques sexuelles mathusalemienne jusque là discrètes mais amplifiées par les médias traditionnels. Encore une occasion de consommer du sexe à défaut de plaisir, de masquer la réalité économique qui guette de nombreux couples qui sans doute ce soir, oublierons leurs déboires sous la couette, la gaudriole se vendant mieux q'un flôt de chômeurs. Les médias l'ont bien compris, dormez tranquilles.
01 février 2009
Angoulême 2009, un récit de Phil Akter-Tome 3-
Dimanche J+4 : Ponyo sur la Falaise
Gregor, si vous acceptez cette mission, sachez qu’il vous faudra vous armer de patience avant de décrocher le précieux et vous lever à 8 heures du matin un dimanche. Oui, vous avez bien lu : Je me suis levé à 8 heures un dimanche afin de choper les places pour cette putain d’avant-première qui n’en est plus une depuis la veille. Et là de constater que la patience n’est pas récompensée dans un pays ou seul les passe-droits et autres privilèges prévalent sur l’obstination. Bien que muni des trois bracelets bleus, je n’ai récolté que deux places alors que la femme enceinte d’à côté récolte 4 places sans même avoir ses bracelets sur elle. A gerber ! Vivement que je sois enceinte. Il est 10h00, je dispose de 2 places pour 3 convives.
Un petit détour pour prendre la température : Ce dimanche s’annonce plus clément, les cars de festivaliers sont sur le départ, l’espace se libère. A défaut de pouvoir voir en chair et en os les auteurs présents, nous filons vers le théâtre pour assister à des projections de docs sur Chris Ware, Fred et Art Spiegelman , le teaser " Comic Books go to war " ayant été déprogrammé à la dernière minute. Mélangeant biographie, travail et vie de l’auteur, ces docs m’auront permis de comprendre des trajectoires de vie et m’ont redonné l’envie de raconter, de dessiner. Hélas, il est près de 14h, nous nous dirigeons vers le Manga Building, laissant Steph seule. Au passage, on croise le Tex des Z’amours à la terrasse du Mars Attacks.
Arrivés au Manga Building, l’exercice pénible de la queue recommence. L’organisation a improvisé une entrée afin d’éviter la congestion. En attendant, une équipe de Soleil, complètement en roue libre balance des Lanfeust à qui n’en veux, lesquels auront permis à la foule amassée de passer le temps. CA Y EST ! Les fauves sont lâchés, ils vont assister à Ponyo sur la Falaise ! Youpi !
Les nerds, les amateurs sont aux anges. la projection commence, la magie de Miyazaki opère. Brunehilde, poisson rouge anthropomorphe, aînée d’une fratrie vit dans un royaume aquatique sous la férule de son père Fujimoto, sorte de Merlin-Capitaine Némo, absorbé par sa tâche de régulation. Brunehilde, fugueuse et espiègle s’évade de sa cage dorée et est recueillie par Sosuke, garçon de 8 ans dont le père marin est toujours absent. Une idylle naît entre les deux êtres, au point que Brunehilde, rebaptisée Ponyo par Sosuke, décide de devenir terrestre par amour. Forcément cette relation contre-nature contrarie les éléments. Mais comme dans tout conte qui se respecte, tout est bien qui finit bien après de nombreuses aventures. Nettement en deçà du Voyage de Chihiro, les faiblesses scénaristiques sont largement compensées par la maîtrise de la narration qui emportent le spectateur, parfois dans une douce léthargie mais toujours dans un univers aux décors extrêmement léchés et riches, une balade vers l’imaginaire qui sans nul doute fera carton plein lors de sa sortie en salle prévue pour avril, pour un spectacle familial et enfantin qui fera l’unanimité.
La lumière qui accompagne une sortie de projection ramène à la réalité du moment : Dimanche 17 heures, quoi faire ? Steph ne nous a pas attendu et d’un pas ferme décide de filer vers l’espace éditeur en vue de dédicaces. Bien lui en a pris. Swolfs devient le rayon de soleil de l’espace dédicace. Affable, courtois et concentré, il livre un superbe portrait et un clin d’œil sympa, d’autant plus sympa que nous étions les avant-derniers sur la file de dédicace, lesquelles ne sont jamais un dû. Iron Man, Hulk et consorts me toisent chez Panini Comics avant que Steph ne décide d’une autre dédicace pour un auteur chinois. décidément, ils sont partout, même en BD ! Mission accomplie pour Steph, un bref détour chez les poids lourds de l’édition du stand d'en face pour y glaner catalogues, cartes postales, y croiser Franck Margerin chez Fluide. Direction l’espace Para-BD pour 30 minutes.
L’espace Para-BD, c’est une mine d’or pour les collectionneurs, un espace où bouquinistes et stars se cotoient. Notamment Moebius, venu relever les compteurs de son stand, l’occasion pour nous d’être à quelques mètres du maître et le comble sans rien à faire dédicacer…Régis Robert de NoLife fait rouler sa valise, nous roulons nous aussi vers le point de chute du festival, la brasserie Chez Paul qui est le point de chute de tout le monde semble t-il. Brigitte Fontaine, cheveux longs et peau de lapin, grille une clope avant de rentrer et d’être saluée par Benoît Mouchard.
Repu et flapi, c’est avec un mélange de contentement et de frustration que je quitte le festival. Une chose est néanmoins sure : Blutch sera président et les bruissements concernant Winshluss étaient fondés.

