The_EndAvec pour postulat de base un adage populaire qui veut qu'un bon rire vaut bien un steack, les apprentis cuistots de la comédie cinématographique proposent leurs plats. Chaque semaine, une nouvelle carte, habilement servie par les médias qui -tous supports confondus- se transforment en maîtres d'hôtel afin de servir des plats avariés. Décidément, la crise touche tous les secteurs, la disette touche le rire, la vis comica crie famine.

A mesure que les médias relaient les conséquences scandaleuses d'une crise économique sans précédent, les médias tentent aussi de ne pas sombrer dans la sinistrose en mettant en exergue des portraits, des secteurs qui tendent à prouver que le génie français est loin d'être mort, que la sinistrose présente dans nos esprits se combat aussi en se payant une tranche de fou-rire notamment en se ruant au cinéma pour aller visionner les dernières comédies Made in France.

Jamais autant les médias n'auront joué les attachés de presse pour mieux guider les spectateurs vers les salles obscures. Et pour cause. Parties prenantes en tant que distributeurs, producteur, co-producteur, partenaires en tous genres, les médias n'hésitent pas à transformer leur antenne en tête de gondole afin d'attirer le potentiel chaland. Elle est belle, elle est drôle ma comédie ! Invitations sur les plateaux télé, promotions multi-médias, tournée des grands ducs pour l'équipe du film qui sait qu'elle ne sera jamais maltraitée puisque de concert avec les médias, les comédiens assurent le SAV. Et comme une tranche de fou-rire vaut bien un steack, chacun y va de sa carte alléchante afin de vendre son menu.

Pour autant, les résultats d'entrées des dernières comédies françaises sont à l'image de l'activité hotellière : Catastrophiques !  Certes, les raisons sont multiples : Baisse du pouvoir d'achat, critiques éreintantes, campagne promotionnelle au matraquage qui frise l'overdose, les résultats sont pour autant là : Catastrophiques.

A l'instar du restaurant, la comédie ne doit son destin qu'au bouche à oreille : Comme dans un restaurant, si le menu plaît, le bouche à oreille fait son oeuvre et la salle ne désemplira pas. Malheureusement, la recette comique Made in France est devenue indigeste faute de cuisiniers.

Première victime de la conjoncture et boudé par les spectateurs, La Guerre des Miss, réalisé par Patrice Leconte s'est muée en un brouet saumâtre. S'en suivit Cyprien, pourtant porté par Arthur et TF1. Vint ensuite le tour de Coco qui aura tiré son épingle du jeu durant deux semaines grâce à une période de programmation "creuse" suivie par un Printemps du Cinéma. Las, le soufflet est vite retombé et Coco affiche -66% d'entrées à l'amorce de sa troisième semaine. Pour autant, ces chiffres n'inquiètent pas nos cuistots du gag qui enchaînent par Safari, Erreur de la Banque en votre Faveur, OSS 117, Rio ne répond plus, Incognito pour finir avec le Missionnaire.

A ce moment du repas, et bien qu'affamés de drôlerie, les spectateurs sont déçus, leurs zygomatiques crient famine pour mieux friser la nausée devant tant d'indigence, les dents du fond baignent devant ce salmigondis qui s'annonçait pourtant appétissant. Les convives attendent le trou normand, le générique de fin, afin de mieux se caler devant la télé qui diffuse le pot-au-feu de l'humour : L'Aîle ou la Cuisse.