22 avril 2009
Loi Evin, création artistique et Métrobus
Après la suppression de la pipe de M. Hulot sur l'affiche dédiée à une exposition Jacques Tati à la Cinémathèque par la régie Métrobus, après la décision de Métrobus de refuser les affiches promotionnelles du film " Coco avant Chanel" sur lesquelles l'héroïne interprétée par Audrey Tautou fume une cigarette, après l'interdiction sur décision de justice de l'exposition "Our body ", c'est au tour de Gérald Dahan de se voir annuler sa campagne promotionelle télévisuelle.
Décidément, nombreux sont les bienpensants qui nous veulent du bien au risque de rogner un peu plus chaque jour la liberté d'expression, de dénaturer la création artistique, le tout en utilisant le levier du droit comme arme liberticide.
En apprenant que la régie Métrobus appliquait de la lettre sa loi éponyme, Claude Evin s'est fendu d'un "ridicule". Une réponse pour le moins mesurée pour ce qui apparaît ni plus ni moins que comme une tentative de révisionnisme artistique. Tati, tatillon cinéaste exigeant, héritier des Chaplin ou Linder accordait une importance extrême à la construction graphique des silhouettes de ses personnages. Remplacer sa célèbre pipe par un moulin à vent revient tout simplement à réviser, à reconstruire une oeuvre en dénaturant le travail originel.
D'ailleurs Métrobus met un point d'honneur à respecter de manière scrupuleuse la loi. Ainsi, une affiche représentant Coco Chanel alias Audrey Tautou cigarette à la main pour la campagne promotionnelle du film "Coco avant Chanel" a elle aussi été retoquée. Alors que l'équipe du film s'évertue à respecter les codes de l'époque, à savoir une pose cigarette à la main pour un portrait photo, si commun à cette époque, Métrobus refuse l'authenticité se protégeant sous couvert de loi Evin.
Toujours plus fort, Métrobus vient de refuser la phrase " Que nous cache le Vatican" mentionné sur les affiches du film "Anges & démons" sous prétexte de ne pas heurter le Vatican qui est aussi un état. Un état théocratique. Le combat pour la laïcité est toujours d'actualité.
Certes l'attitude de Métrobus est compréhensible : Afin d'éviter de s'attirer les foudres des anti-tabacs qui inévitablement leur serait tombé dessus à bras raccourcis, afin d'éviter les ires d'une communauté religieuse, afin d'éviter d'irriter ses nombreux utilisateurs, afin d'éviter de prêter le flanc aux critiques, Métrobus se borne à appliquer stricto sensu la loi, offrant des versions alternatives légi-compatibles pour un tronquage en règle de la création artistique.
Malheureusement d'autres organes institutionnels eux aussi se prêtent au jeu du politiquement correct en utilisant le droit comme levier de leurs causes. La justice vient ainsi d'interdire l'exposition "Our Body" représentant des corps humains sous plastination sous motif d'atteinte illicite au corps humain.
De quelle atteinte illicite parle t-on ? Le vocable d'atteinte illicite au corps humain nous interdira t-il bientôt de contempler des momies, les cadavres pétrifiés d'Herculanum. Cette décision de justice cache une réalité bien plus sournoise dont la finalité n'est qu'une censure privant le public d'une forme d'art. La justice peut donc émettre un jugement sur la création artistique.
Enfin et toujours sous protection de la loi, Gérald Dahan vient de se voir retoquer la couverture télévisuelle promotionnelle de son DVD par le BVP ( Bureau de Vérification de la Publicité) car on ne peut utiliser ni le nom ni l'image d'un président en fonction à des fins commerciales. Les excès de caricature aux absences de caricature trouvent ainsi leurs limites dans la loi .
09 avril 2009
Crise du Rire
Avec pour postulat de base un adage populaire qui veut qu'un bon rire vaut bien un steack, les apprentis cuistots de la comédie cinématographique proposent leurs plats. Chaque semaine, une nouvelle carte, habilement servie par les médias qui -tous supports confondus- se transforment en maîtres d'hôtel afin de servir des plats avariés. Décidément, la crise touche tous les secteurs, la disette touche le rire, la vis comica crie famine.
A mesure que les médias relaient les conséquences scandaleuses d'une crise économique sans précédent, les médias tentent aussi de ne pas sombrer dans la sinistrose en mettant en exergue des portraits, des secteurs qui tendent à prouver que le génie français est loin d'être mort, que la sinistrose présente dans nos esprits se combat aussi en se payant une tranche de fou-rire notamment en se ruant au cinéma pour aller visionner les dernières comédies Made in France.
Jamais autant les médias n'auront joué les attachés de presse pour mieux guider les spectateurs vers les salles obscures. Et pour cause. Parties prenantes en tant que distributeurs, producteur, co-producteur, partenaires en tous genres, les médias n'hésitent pas à transformer leur antenne en tête de gondole afin d'attirer le potentiel chaland. Elle est belle, elle est drôle ma comédie ! Invitations sur les plateaux télé, promotions multi-médias, tournée des grands ducs pour l'équipe du film qui sait qu'elle ne sera jamais maltraitée puisque de concert avec les médias, les comédiens assurent le SAV. Et comme une tranche de fou-rire vaut bien un steack, chacun y va de sa carte alléchante afin de vendre son menu.
Pour autant, les résultats d'entrées des dernières comédies françaises sont à l'image de l'activité hotellière : Catastrophiques ! Certes, les raisons sont multiples : Baisse du pouvoir d'achat, critiques éreintantes, campagne promotionnelle au matraquage qui frise l'overdose, les résultats sont pour autant là : Catastrophiques.
A l'instar du restaurant, la comédie ne doit son destin qu'au bouche à oreille : Comme dans un restaurant, si le menu plaît, le bouche à oreille fait son oeuvre et la salle ne désemplira pas. Malheureusement, la recette comique Made in France est devenue indigeste faute de cuisiniers.
Première victime de la conjoncture et boudé par les spectateurs, La Guerre des Miss, réalisé par Patrice Leconte s'est muée en un brouet saumâtre. S'en suivit Cyprien, pourtant porté par Arthur et TF1. Vint ensuite le tour de Coco qui aura tiré son épingle du jeu durant deux semaines grâce à une période de programmation "creuse" suivie par un Printemps du Cinéma. Las, le soufflet est vite retombé et Coco affiche -66% d'entrées à l'amorce de sa troisième semaine. Pour autant, ces chiffres n'inquiètent pas nos cuistots du gag qui enchaînent par Safari, Erreur de la Banque en votre Faveur, OSS 117, Rio ne répond plus, Incognito pour finir avec le Missionnaire.
A ce moment du repas, et bien qu'affamés de drôlerie, les spectateurs sont déçus, leurs zygomatiques crient famine pour mieux friser la nausée devant tant d'indigence, les dents du fond baignent devant ce salmigondis qui s'annonçait pourtant appétissant. Les convives attendent le trou normand, le générique de fin, afin de mieux se caler devant la télé qui diffuse le pot-au-feu de l'humour : L'Aîle ou la Cuisse.
02 avril 2009
Merci Lisa

Lisabuzz.com parle de Gregor ze blog : Vous ne connaissez pas Gregor lesimple ? Alors préparez vous à une experience unique : la lecture régulière de Gregor ze blog (le chef d oeuvre de Gregor lesimple). Ce blog est un véritable labyrinthe où se perdre est un plaisir et ou l on brule d inviter ses amis dans une promenade immobile mais tellement réjouissante aux reflets so Nord Ouest. signé http://blog.lisabuzz.com
Du coffre à jouets au grand écran
Après Transformers et GI Joe, ce sera au tour du Major Matt Mason de connaître la consécration sur grand écran. Les adaptations télévisuelles de gammes de jouets existent depuis fort longtemps mais fait nouveau c'est désormais Hollywood qui s'occupe du placement de produits made in USA, pour le plus grand bonheur des leaders du secteur à savoir Mattel et Hasbro qui voient ainsi le moyen d'écouler leurs produits et de relancer leurs gammes de jouets.
Le phénomène n'est pas récent. Depuis l'entrée massive de la télévision dans les foyers, les diffuseurs avides d'alimenter leurs grilles de programmes ont su se muer en têtes de gondoles afin de promouvoir le secteur du jouet.
En général, les événements étaient concommitants. Peu de temps après la mise sur le marché d'une nouvelle ligne de jouets, une série animée envahissait les petits écrans, série qui bien souvent ne servait que de prétexte à la promotion desdits jouets. Les annonceurs ravis de cette pub sous couvert de divertissement pour enfants jouaient le jeu plaçant leurs pubs avant/pendant/après, la télé vendaient ses espaces publicitaires, les ventes de la gamme de jouet en question augmentaient, tout le monde y trouvait son compte.
Ainsi, GI Joe fût probablement la première gamme de jouet à bénéficier d'un support audiovisuel afin d'accroître ses ventes. La simple poupée mannequin se vît décliner en figurines de petite taille, en plusieurs séries, etc etc, la série télé se chargeant d'assurer le service après-vente.
Les Maîtres de l'Univers, Transformers, Pokémon, toutes ces séries sont à la base des jouets autour desquels fûrent construits des univers, la série animée devenant produit dérivé. Mais c'est là un fait nouveau : Après avoir été diffusées à la télévision, ces séries migrent maintenant vers le cinéma et c'est désormais un duel à distance que se livrent Hasbro et Mattel , duel qui n'a pour but que de relancer de vieilles gammes de jouets qui pour certaines datent de près d'un demi-siècle !
Mattel fût la première à tenter l'adaptation sur grand écran d'une gamme de jouets : Ce fût les Maîtres de l'Univers. L'échec de cette adaptation a calmé les ardeurs des fabricants de jouets qui attendront le tsunami Pokémon avant de retenter l'expérience. Toutefois, le succès du film pokémon est à nuancer : Librement extrapolé de la série animée, elle ne mettait pas en scène des acteurs en chair et en os.
C'est le Transformers de Mickael Bay qui a décomplexé les fabricants de jouets et leur a ouvert les portes du possible. Transformers, gamme de jouets de Hasbro, datant des 80's a su conquérir un nouveau public et jouer sur la fibre nostalgique des anciens enfants désormais parents qui ont cautionné ce spectacle et n'ont pas hésiter à se fendre d'un Optimus Prime pour la bonne cause. Une opération tout bénéfice pour Hasbro qui non seulement se permettait de ressortir la gamme de jouets originale, c'est-à-dire des vieux moules amortis, afin de vendre à prix d'or aux adultes la collection de leur enfance, la nostalgie n'ayant pas de prix, les jeunes adultes/parents ont cassé leurs tirelires afin de s'offrir un bout d'enfance, les enfants quant à eux se régalant avec les produits dérivés du film et de la nouvelle série télé qui s'en suivit : Transformers Animated.
Fort de ce succès, Hasbro, de concert avec l'équipe DreamWorks commettra cette année un deuxième opus. Et Hasbro ne compte pas en rester là et va décliner au cinéma l'une de ses créations les plus populaires : GI Joe !
Comme pour les Transformers, le film se voudra avant tout un spectacle familial, pyrotechnique, au scénario mannichéen, linéaire, une séance pop-corn et bubble-gum aux accents régressifs infantilisants jouant sur la partie reptilienne des cerveaux pour un moment de toute-puissance savamment orchestrée qui aura pour conséquences de (re)nouer avec les jouets en question.
Forcément, l'autre géant du jouet Mattel ne saurait passer à compter de l'aubaine que constitue cette énorme publicité d'une heure et demie et va proposer un film basée sur une gamme de jouets des années 70 : Major Matt Mason ! Aventures lunaires au programme, avec Tom Hanks dans le rôle titre. Un Blockbuster qui sera l'occasion pour Mattel de relancer cette vieille gamme de jouets.
Il se murmure que John Stevenson serait tenté par une nouvelle adaptation des Maîtres de l'Univers...

