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1945-1970 : Une révolution en marche

 

1945, un seul pays sort renforcé de la deuxième guerre mondiale. Ce sont les USA, pays épargné, fort parmi les faibles qui deviennent la super-puissance dominante qui sous couvert de visées philanthropiques vise à asseoir davantage son hégémonie mondiale et ce dans tous les domaines.

 

La culture n’échappe pas à son ambition tentaculaire et toute une génération découvre avec émerveillement les dessins animés de Walt Disney et autres Looney Tunes. A cette époque, les USA fort de l’american way of life distille leurs rêves à un monde sous tutelle démuni. Comme beaucoup d’enfants de son âge, Go Nagaï s’émerveille devant ces dessins animés, il ne sait pas encore que son œuvre sera à l’origine d’une alternative et d’une révolution dans le monde du dessin animé.

 

 

Le monde entier veut croire en un autre rêve d’autant que la période des 30 glorieuses apporte son lot quotidien de bien-être, d’innovations techniques. Le rêve matérialiste atteint son apogée avec le perfectionnement des techniques de vente ou marketing moderne. Les vaincus d’hier qui ont rebâti sur des bases industrielles nouvelles dégagés des contingences militaires auxquelles elles ne pouvaient d’ailleurs plus prétendre, deviennent les champions du moment et commencent à inquiéter le colosse américain.

 

Ainsi, dans les années 70, le Japon inonde les USA avec des petites voitures solides et fiables et peu chères, la montre digitale se vend comme des petits pains, s’ensuivra le walkman. La stratégie en vol d’oiseau a porté ses fruits, le japon peut maintenant se permettre de proposer ses héros, son modèle culturel.

 

 

La Japanimation connaît alors dans la décennie 70-80 un âge d’or incontestable. A des années-lumière de Mickey, le pays du soleil Levant se révèle au monde. Goldorak donne un coup de boule à Superman et instaure des nouvelles techniques d’animation, impose un nouveau style graphique et surtout devient l’icône de toute une génération comme le fit Mickey 30 ans plus tôt.

 

Mâtiné de Samouraï et de machine-outil, le robot japonais des séries animées des 70-80 se lie de connivence avec les fabricants de jouets. Les studios rivalisent alors de créativité, l’inflation gadgétisée réjouit à la fois les gamins avides de spectacles et les fabricants de jouets avides tout court.

 

Afin de mieux comprendre cette révolution culturelle, tâchons de comprendre d’abord les fondements de cette inspiration débridée.

 

 

 

 

La naissance d’une exception culturelle :

 

Postulat japonais de base, le robot est l’avenir de l’homme. Que ce soit dans le domaine de l’industrie lourde, dans les tâches ménagères, il est omniprésent. Quoi de plus normal dès lors de le retrouver sur les écrans de télés en tant que héros à part entière ! C’est le Japon qui donne vie à cette nouvelle entité inhumaine et robotisée.

 

Deux conceptions issues de deux courants de pensée émergent alors :

 

La première est fortement marquée traumatisée par le sort du japon à la fin de la deuxième guerre mondiale mondiale. Brisée et contaminée voire condamnée par deux bombes atomiques, le Japon repense son identité et sa survie en tant que peuple. Dans cet univers mortifère, seule une nouvelle forme d’humanité peut survivre et ce nouvel être humain sera humanoïde. Ainsi naît Astroboy (Astro le petit robot), réponse animée et existentialiste à un monde sans repères.

 

L’autre conception plus récente coïncide avec le boom économique du japon. Le pays du soleil levant devient de l’avis de tous les experts la référence capitaliste, tant au niveau de la gestion des hommes comme des ressources. Le japon inonde le monde de ses productions et d ‘aucuns de louer ces employés modèles, fidèles rouages de conglomérats mondiaux. Dans cette décennie apparaît le Samouraï moderne sous la forme d’une machine outil inféodée à un seigneur de la paix, Goldorak pouvait prendre son envol et le Japon sa revanche pacifique.

 

 

 

Le robot et le dessin animé

 

L’exploitation du robot dans une œuvre audiovisuelle date de l’après deuxième guerre mondiale .Mais à l’époque, le cinéma déjà tenu par Hollywood ne voyait dans le robot qu’une menace parfois à peine déguisée du péril rouge. Lourd en métaphores et en intentions destructrices, le robot était –sauf trop rares exceptions- voué à terminer en boîtes de conserves. L’innovation japonaise réside dans le fait que le thème du robot est exploité en dessin animé et surtout le robot est ici le sauveur de l’humanité. Il devient l’apôtre d’une société moderne qui croît au dieu progrès ou plus prosaiquement aux contenus technologiques à haute valeur ajoutée. Outre le fait d’être une machine efficace, le robot en DA reprend un imaginaire féodal nippon complètement exotique pour les occidentaux : Le samouraï.

 

A une époque ou Bruce Lee étale son Kung Fu dans les salles de cinéma, la TV s’empare de ces Samourai de Science-Fiction pour enfants. Non seulement le Japon va créer un nouveau style d’animation, mais il va de surcroît nous abreuver de cet imaginaire inconnu et attirant.

 

La référence à la féodalité peut apparaître comme archaïque à des occidentaux expurgés de toutes baronnies mais les studios d’animation enveloppent ces guerriers dans un habillage coloré ,le tout dans un univers High-Tech et futuriste accrocheur. Le concept de Sci-Fi Mécha était né.