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Rarement les programmes de TF1 n’avaient atteint un tel niveau de qualitay.

« Qui veut épouser mon fils ? » ou QVEMF pour les initiés, émission de télé-réalité produite par la société de production Starling, diffusée depuis le 29 octobre et rassemblant une moyenne PDM de 29% s’impose comme le phénomène de télé-réalité de cette fin d’année.

Enchaînant les buzz et déchaînant les internautes qui de forums en twitter confirment l’engouement pour cette émission d’un genre nouveau qui mêle à la fois les codes désormais classiques de la télé-réalité avec ceux de la sitcom, le tout enrobé d’une sauce parodique, QVEMF remporte tous les suffrages.

Depuis leurs apparitions en 2000, les émissions de télé-réalité font gloser. Des téléspectateurs aux spécialistes es-media, d’aucun tentaient d’analyser ce phénomène médiatique, d’analyser sa mécanique, d’en cerner les enjeux, ses méfaits. Compilés en bottin, la masse de ces articles constituerait certainement un volume comparable aux pages jaunes de l’île de France.

QVEMF, plébiscité par les internautes

QVEMF, dernier rejeton de cette génération explose tous les records. Les internautes sont parmi les plus friands de cette émission, commentant en direct sur des forums consacrés ou via Twitter l’épisode hebdomadaire.

Ainsi, le hashtag #QVEMF est devenu le deuxième trending-topics mondial sur Twitter, soit lors de la diffusion de l’émission du vendredi 19 une moyenne de 83 Tweets à la minute, 5000 en une heure ! Succès d’audience pour TF1 qui conforte sa position de leader hexagonal et confirme tout le mal que pensent ses détracteurs à la fois de la une et de ces programmes.

En 10 ans, téléspectateurs comme participants ont su apprivoiser ce format au point de ne plus être dupes. Bidonnages, scénarisations, tentatives de manipulation de la prod, tout un chacun connaît ou présuppose les coulisses de ce genre d’émission. Il faut donc s’adapter à cette nouvelle donne, le public étant désormais rôdé et aguerri. Dont acte.

QVEMF, un hybride

Dès lors, une nouvelle forme d’écriture s’impose et QVEMF en est le prototype. Au premier coup d’œil, rien ne différencie QVEMF d’autres émissions comme l’île de la Tentation ou Le Bachelor. Comme les émissions ci-dessus citées, QVEMF a un principe de jeu clair, énoncé dans son titre, décliné en mode feuilletonnant hebdomadaire et le rôle de la Post-Production est essentiel. Le tour de force réside dans le fait que QVEMF n’est pas une émission de télé-réalité « classique », mais un hybride entre jeu et sitcom.

Comme le slogan du célèbre soda, QVEMF a l’apparence d’un jeu, la saveur d’un jeu mais n’est qu’une sitcom. Et au vu des prestations des divers candidat(e)s, une sitcom AB.

Ainsi, Felina Woods alias Clara, a déjà joué dans une production Marc Dorcel. Cindy la stripteaseuse, prétendante d’Alban, n’a pas caché vouloir se servir de sa prestation lors de l’émission afin de devenir comédienne, tout comme Sarah, prétendante d’Alexandre qui depuis l’enregistrement de l’émission l’est devenue.

Bref, loin des anonymes de la paléontolo-télé-réalité, ce sont désormais des participants rôdés aux caméras qui jouent dans ces émissions. Et à l’instar des comédiens des productions AB, ces apprenti(e)s acteurs/actrices sont monolithiques dans leurs personnages, dans leur jeu, êtres unidimensionnels privés de toute psychologie guidés par un scénario écrit par Starling.  L’apparence d’une télé-réalité, un soupçon de sitcom mais surtout un énorme travail de Post-Production.

Ce qui donne toute sa saveur à ce programme, au-delà de sa mécanique de jeu, de son casting et de ses personnages improbables car fictionnels, c’est l’hénaurme travail réalisé par les monteurs, les mixeurs qui ont sublimé cette histoire de « Tanguys » en y distillant de nombreux et croustillants décalages de narration, décalages qui donnent à QVEMF une tonalité comique.

Ainsi dans l’épisode diffusée vendredi  19 , une des prétendantes de Giuseppe lui apporte son petit-déjeuner au lit. Et là, on découvre une chambre à peine plus grande qu’un cagibi ce qui est pour le moins étonnant de la part de cette famille qui se présente comme richissime, et dans cette chambre au dessus de la tête de lit flotte un drapeau du club de football de Turin, oriflamme digne d’un ado de 12 ans alors que le garçon en question approche la quarantaine. L’effet comique en est renforcé. Le schadenfreude aussi.

Le rôle de la voix-off a ici toute son importance. S’inspirant de « Confessions Intimes »,  Elle joue sur la contradiction entre le vu et l’entendu et arrive à donner un relief dramatique en accentuant des scènes parfois anodines force prose et musique adhoc . Et chaque épisode de QVEMF est un festival de perles toutes plus hilarantes les unes que les autres.

Ce mélange entre télé-réalité, personnages hauts en couleurs et improbables, sitcom, le tout servi dans une sauce parodique par une voix-off font de QVEMF un prototype hybride qui fera certainement des petits. On peut déjà imaginer qu’après les "Tanguy"s, phénomène sociologique et économique réel, Starling puisse s’intéresser au phénomène Cougars lors d’une émission intitulée « Cougar à toi ! »

On salive d’avance en imaginant le casting et les situations cocasses…