Il existe de nombreuses raisons de revoir un film de Belmondo période « Bébel » La nostalgie en est une indéniablement. Comme beaucoup de garçons de ma génération , Jean Paul Belmondo a été le héros télévisé de mes mardi soirs. Décontracté, gouailleur , un brin macho dans le style cow-boy « rien dans la tête, tout dans les bras », ses histoires de super flic cousues main avec cascades à la clef m’ont émerveillé enfant.

Quelques années plus tard, je découvrais d’autres modèles de l’incarnation de la virilité sur grand écran. Steve Mac Queen et son élégance froide, sa « coolitude », Clint Eastwood , implacable, Robert de Niro, intense et explosif et Jean Paul s’était effacé.

Il faut dire qu’entre-temps le cinéphile intello-rigide nourri aux critiques péremptoires que j’étais devenu avait refoulé cette part de plaisir enfantin.

A écrire juste, je ne me rappelle plus quel fût le déclic qui me ramena vers Jean Paul Belmondo…La énième diffusion d’un de ces films à la télévision, l’adoubement médiatique de Jean Dujardin en héritier ? Toujours est-il que je revenais doucement le voir, au fil de mes pérégrinations sur le net, picorant des infos sur sa filmographie, des anecdotes de tournage, m’intéressant tout autant aux nombreuses B.O. qui émaillaient ses films qu’au casting, qu’aux réalisateurs , le tout en revisionnant de nombreux extraits de films présents sur la toile, bref en essayant de rationnaliser des souvenirs, en essayant de légitimer la place de Jean Paul Belmondo dans mon panthéon cinématographique.

Au fur et à mesure de ces visionnages, tout me revenait en mémoire, je retrouvais le «  Bébel » de mon enfance, des retrouvailles avec un copain avec lequel on a fait les 400 coups et que l’on oubliera jamais. Et de m’extasier sur la B.O. du « Casse », tout en me repassant cette course poursuite incroyable dans les rues d’Athènes avec un superbe Omar Sharif, en dévorant des yeux Jacqueline Bisset dans « Le Magnifique » , en fondant devant Claudia Cardinale dans « La Scoumoune » mais aussi Raquel Welch Marie France Pisier, Marie Laforêt, Carlos Sottomayor, Sophie Marceau et des acteurs «  King Size » comme Bourvil, David Niven, Jean Gabin , Bernard Blier, Julien Guiomar, Michel Constantin, Bruno Crémer , Gérard Depardieu .

Jean Paul Belmondo c’est aussi ça : Tout un pan de la culture cinématographique populaire française, une super star made in France au rayonnement international. D’ailleurs les internautes amateurs de films d’action ne s’y trompent pas : Qu’ils soient italiens, allemands, espagnols, russes, anglo-saxons, jeunes et moins jeunes, tous restent scotchés devant le phénomène français qui tenait la dragée haute aux stars hollywoodiennes.

Il existe de nombreuses raisons de revoir un film de «  Bébel ». Trouvé sur la baie et acquis récemment « Le corps de mon ennemi » en est l’exemple parfait : Une adaptation d’un roman de Félicien Marceau dans lequel Verneuil alterne les Flashbacks en toute fluidité , un casting impeccable, Blier, Pisier en tête, un scénario maîtrisé dans lequel Jean Paul Belmondo déploie un jeu subtil, le tout sur une musique de Francis Lai. Un «  Bébel » c’est ça : Une histoire, un réal, un casting, une B.O., des dialogues, de l’action. Prochaine acquisition en vue, « L’alpagueur » : Labro, Crémer, Colombier.

Il existe de nombreuses raisons de revoir un film de « Bébel », le nier serait déraisonnable.