25 octobre 2009
Un week-end à buller sur les quais
La cité corsaire malouine s'est transformée le temps d'un week-end en village gaulois afin de fêter le cinquantenaire du moustachu au casque ailé.
La ville natale de Chateaubriand a accueilli en ses remparts le patriarche de la bande dessinée française en la personne de Albert Uderzo. A cet effet, la ville s'est fendue d'une exposition Tour Bidouane retraçant les débuts, la carrière du papa d'Astérix. D'ailleurs, tous les stands d'exposants et d'éditeurs étaient au diapason afin de saluer force albums et autres produits dérivés la popularité inégalée de l'irréductible gaulois.
Pour autant, réduire cette 29ème édition du Quai des Bulles à un simple barnum commercial serait injuste. En effet, de nombreux auteurs ont émaillé de leurs dédicaces ce week-end. Pour ma part, ce fût l'occasion de rater les nombreuses dédicaces d'auteurs que j'affectionne. En tête, Maëster, appliqué sur ses dédicaces qui "décidément ressemble à sa caricature". Après l'avoir manqué au salon de la BD d'Angoulême, j'ai récidivé avec brio. Avec le même brio, j'ai raté Coyote au moins trois fois. Coyote grille sa clope à l'extérieur du salon, Coyote dédicace, Coyote prend l'air sur la terrasse de sa chambre à l'Océania le samedi soir, Coyote se balade le dimanche après-midi dans l'intra-muros de Saint Malo alors que j'étais au Café du coin d'en bas de la rue du bout de la ville d'en face du port.
Bref j'ai raté une meute de coyotes. Et ce, pour la simple raison que je ne me sens pas à l'aise de quemander une dédicace après avoir fait une queue digne d'un anaconda pour exiger un dessin particulier auprès d'un dessinateur transformé en robot à dédicaces. C'est idiot mais c'est comme ça.
Excellente surprise , j'ai redécouvert Philippe Luguy, créateur de Sylvio, une fourmi verte au dessin dynamique découverte il y a des lustres lorsque j'étais lecteur assidu du désormais moribond Pif Gadget -séquence nostalgie- Seul bémol : La conférence que devait présider Uderzo le samedi a été annulée.
02 septembre 2009
Un Fluide Glacial géant
Pour son 400ème numéro, le mensuel de bandessinées d'umour a vu les choses en grand. Ce numéro 400 de Fluide, disponible chez votre kiosquier préféré dès mi-septembre frise la démesure. En effet, 50X36, telles seront les dimensions de ce numéro exceptionnel, faisant de lui le plus grand mensuel jamais paru en France !
Un demi-mètre de BD et d'éditos à feuilleter avec un menu alléchant qui fera autant la part belle aux rétrospectives qu'aux auteurs actuels. On retrouvera Franquin et Casoar, le Lucien de Margerin y est invité, Mo/cdm, Léandri, Gotlib , bref une belle brochette pour une pure poilade.
Mais ce tour de force, ce numéro hors-norme n'a pu voir le jour qu'après moult péripéties. En effet, faute de pouvoir trouver un imprimeur hexagonal, le magazine a été imprimé en Chine. Ensuite, la distribution. A cause de ce format exceptionnel, les abonnés en seront quitte à filer chez leur kiosquier préféré car ce numéro-par son format- ne pourra être glissé dans les boîtes aux lettres.
Preuve s'il en fallait de la bonne santé et de l'innovation des équipes de Fluide, son rédacteur en chef Thierry Tinlot annonce un semestriel intitulé " Fluide Glamour" ainsi que le lancement d'un blog des Editions Fluide Glacial.
03 août 2009
Le magot de Lucky Luke
Annoncé le 21 octobre, le film Lucky Luke marquera les retrouvailles du réalisateur James Huth et de Jean Dujardin. Pour un succès à la Brice de Nice ?
Lucky Luke, un coup de poker ?
Enorme gageure pour les deux compères qui portent d’ores et déjà le poids de ce pari sur leurs épaules et devront conduire la diligence à bon port. Enorme gageure car James Huth et Jean Dujardin ont alterné au long de leurs carrières respectives le bon et le moins bon. Et ici, il ne s’agit as de se louper tant le cow-boy taciturne a marqué de nombreux bédéphiles et tant ceux-ci ont pu être échaudés par les nombreuses adaptations de leur pistolero préféré.
Si l’on omet les diverses adaptations en dessins animés de l’œuvre du duo Morris-Goscinny, il reste en mémoire deux films adaptés de l’univers de Lucky Luke. L’éponyme avec Terence Hill et "Les Dalton" du tandem Eric et Ramzy. Deux films médiocres malgré un casting alléchant.
Tout d’abord le « Lucky Luke » de Terence Hill. Fort d’une expérience acquise depuis l’inoubliable « Mon Nom est Personne » et renforcé par la saga des « Trinita », Terence Hill semblait à même de porter avec justesse le six coups de Lucky Luke. Malheureusement, rien ne fût respecté : Du costume à la mèche, rien ne fût, à se demander si le titre du film n’avait pas été acheté comme une franchise apposée à une marchandise frelatée. « Les Dalton » de Eric et Ramzy participèrent aussi à cette entreprise de démolition. Dès lors, le Lucky Luke de Huth peut soulever de nombreuses interrogations.
Lucky Luke, le Jackpot
L’impression générale qui se dégage des premières images du teaser est néanmoins positive. Charte graphique respectée, les couleurs vives et saturées du costume de Lucky Luke sont du plus bel effet, le ciel est bleu, la mèche tombante, les coutures du chapeau ( un peu trop ?) présentes. Malgré son bronzage prononcé, le profil de Lucky Luke est identifiable immédiatement.
Cadrage au cordeau, plans hommages au genre Western, rien ne manque. Toutefois, le risque est grand pour que ce film ne tourne en foire au cabotinage.
Dès lors, Sylvie Testud, Melvil Poupaud et Alexandra Lamy ne seront donc pas de trop pour atténuer un trio enclin aux pantalonnades, car Dujardin , habitué des mimiques excessives sera entouré de trublions qui ne s’en laissent pas compter à savoir Michael Youn et Daniel Prévost.
Artillerie lourde pour ce film qui ne lésine pas sur les moyens ( un budget de 27 millions d’euros ) qui compte ratisser large et qui se positionne comme le succès commercial populaire de l’automne.
Maintenant quid de l’esprit Lucky Luke. Comme écrit précédemment, les doutes sont de rigueur tant de nombreux acteurs et réalisateurs s’y sont cassés les dents, tant Lucky Luke lui-même a perdu de sa superbe au fur et à mesure du décès de ses pères originels, des dessinateurs/ scénaristes interchangeables qui ont enchaîné les aventures atones, au fur et à mesure que Médias Participations a dilué l’âme du cow-boy par de multiples et dispensables spin-offs ( la Jeunesse de Lucky Luke, Rantanplan (1)) transformant l’homme de l’ouest solitaire en cash machine.
S’il réussit son pari, James Huth pourra s’enorgueillir d’avoir redonné vie à un monument en péril. Si non, Lucky Luke sera définitivement six pieds sous terre.
(1) Sur Media Participations, lire ICI
01 février 2009
Angoulême 2009, un récit de Phil Akter-Tome 3-
Dimanche J+4 : Ponyo sur la Falaise
Gregor, si vous acceptez cette mission, sachez qu’il vous faudra vous armer de patience avant de décrocher le précieux et vous lever à 8 heures du matin un dimanche. Oui, vous avez bien lu : Je me suis levé à 8 heures un dimanche afin de choper les places pour cette putain d’avant-première qui n’en est plus une depuis la veille. Et là de constater que la patience n’est pas récompensée dans un pays ou seul les passe-droits et autres privilèges prévalent sur l’obstination. Bien que muni des trois bracelets bleus, je n’ai récolté que deux places alors que la femme enceinte d’à côté récolte 4 places sans même avoir ses bracelets sur elle. A gerber ! Vivement que je sois enceinte. Il est 10h00, je dispose de 2 places pour 3 convives.
Un petit détour pour prendre la température : Ce dimanche s’annonce plus clément, les cars de festivaliers sont sur le départ, l’espace se libère. A défaut de pouvoir voir en chair et en os les auteurs présents, nous filons vers le théâtre pour assister à des projections de docs sur Chris Ware, Fred et Art Spiegelman , le teaser " Comic Books go to war " ayant été déprogrammé à la dernière minute. Mélangeant biographie, travail et vie de l’auteur, ces docs m’auront permis de comprendre des trajectoires de vie et m’ont redonné l’envie de raconter, de dessiner. Hélas, il est près de 14h, nous nous dirigeons vers le Manga Building, laissant Steph seule. Au passage, on croise le Tex des Z’amours à la terrasse du Mars Attacks.
Arrivés au Manga Building, l’exercice pénible de la queue recommence. L’organisation a improvisé une entrée afin d’éviter la congestion. En attendant, une équipe de Soleil, complètement en roue libre balance des Lanfeust à qui n’en veux, lesquels auront permis à la foule amassée de passer le temps. CA Y EST ! Les fauves sont lâchés, ils vont assister à Ponyo sur la Falaise ! Youpi !
Les nerds, les amateurs sont aux anges. la projection commence, la magie de Miyazaki opère. Brunehilde, poisson rouge anthropomorphe, aînée d’une fratrie vit dans un royaume aquatique sous la férule de son père Fujimoto, sorte de Merlin-Capitaine Némo, absorbé par sa tâche de régulation. Brunehilde, fugueuse et espiègle s’évade de sa cage dorée et est recueillie par Sosuke, garçon de 8 ans dont le père marin est toujours absent. Une idylle naît entre les deux êtres, au point que Brunehilde, rebaptisée Ponyo par Sosuke, décide de devenir terrestre par amour. Forcément cette relation contre-nature contrarie les éléments. Mais comme dans tout conte qui se respecte, tout est bien qui finit bien après de nombreuses aventures. Nettement en deçà du Voyage de Chihiro, les faiblesses scénaristiques sont largement compensées par la maîtrise de la narration qui emportent le spectateur, parfois dans une douce léthargie mais toujours dans un univers aux décors extrêmement léchés et riches, une balade vers l’imaginaire qui sans nul doute fera carton plein lors de sa sortie en salle prévue pour avril, pour un spectacle familial et enfantin qui fera l’unanimité.
La lumière qui accompagne une sortie de projection ramène à la réalité du moment : Dimanche 17 heures, quoi faire ? Steph ne nous a pas attendu et d’un pas ferme décide de filer vers l’espace éditeur en vue de dédicaces. Bien lui en a pris. Swolfs devient le rayon de soleil de l’espace dédicace. Affable, courtois et concentré, il livre un superbe portrait et un clin d’œil sympa, d’autant plus sympa que nous étions les avant-derniers sur la file de dédicace, lesquelles ne sont jamais un dû. Iron Man, Hulk et consorts me toisent chez Panini Comics avant que Steph ne décide d’une autre dédicace pour un auteur chinois. décidément, ils sont partout, même en BD ! Mission accomplie pour Steph, un bref détour chez les poids lourds de l’édition du stand d'en face pour y glaner catalogues, cartes postales, y croiser Franck Margerin chez Fluide. Direction l’espace Para-BD pour 30 minutes.
L’espace Para-BD, c’est une mine d’or pour les collectionneurs, un espace où bouquinistes et stars se cotoient. Notamment Moebius, venu relever les compteurs de son stand, l’occasion pour nous d’être à quelques mètres du maître et le comble sans rien à faire dédicacer…Régis Robert de NoLife fait rouler sa valise, nous roulons nous aussi vers le point de chute du festival, la brasserie Chez Paul qui est le point de chute de tout le monde semble t-il. Brigitte Fontaine, cheveux longs et peau de lapin, grille une clope avant de rentrer et d’être saluée par Benoît Mouchard.
Repu et flapi, c’est avec un mélange de contentement et de frustration que je quitte le festival. Une chose est néanmoins sure : Blutch sera président et les bruissements concernant Winshluss étaient fondés.
31 janvier 2009
Angoulême 2009, un récit de Phil Akter-Tome 2-
Samedi J+2 : Loose totale et foire aux bestiaux
Fred a failli à sa mission : Pas d’AVP de Miyazaki ce samedi. Présent dès 8h30 afin de récupérer les places, il revient bredouille : 1/3 presse, 1/3 auteurs, 1/3 public pour cette avant-première. Reste plus qu’à espérer pour dimanche et je suis désigné pour l’ultime quête du précieux. Cette mésaventure est d’ailleurs un signe puisque toute cette journée de samedi sera placée sous la Loose. Angoulême est noire de monde, l’ambiance devient vite étouffante, les gens se pressent, se bousculent, la courtoisie n’a plus sa place.
N’écoutant que notre courage, nous décidâmes tout de même de retenter une dédicace de Maëster. Peine perdue, nous lisons sur un tableau que Maëster ne dédicace pas ce samedi pour apprendre que si finalement, il a dédicacé. Raté ! A contrario Dimitri Planchon semble s'ennuyer ferme chez Chapitre...
Direction le Manga Building pour les épisodes 1,2,3 de Death Note ! Horreur et damnation ! Le Manga Building semble sur le point d’imploser tellement il est gavé de monde. Les errements et débordements de l’organisation du festival nous semblent incompréhensibles, indignes pour un public venu en masse et réduit à sa plus simple expression de porte-monnaie sur pattes, quantité négligée par des organisateurs qui n’ont pas encore compris l’importance du phénomène manga en France. Death Note c’est donc cuit ! Ceci étant, de nombreux DVD sont disponibles sur le stand de Kaze (dans mon Auchan aussi) et les téléspectateurs de la TNT suivent déjà cette série sur Virgin 17. Mais comme écrit précedemment, Fred et Steph sont un peu bobos donc anti-TV.
Un peu désabusés avec la sensation d’être floués, nous tentons le baroud d’honneur, direction le CNIBDI, les rencontres du Major, histoire de voir Blutch, Moebius et Berberian. Et là encore, notre marche à pied fût récompensée par un 1/3 presse, 1/3 auteurs, 1/3 public, capacité de la salle 80 personnes, désolés m’ssieurs dames. Incroyable ! Nous fûmes nombreux de déçus à ne toujours pas comprendre. Comment les organisateurs en invitant une telle brochette d’auteurs au même endroit a t-elle pu tabler sur une capacité de salle de 80 personnes ? Pourquoi n’ont-ils pas songé un instant à installer à l'extérieur de la salle un écran géant afin de profiter de cette conf'. Incompréhensible ! Reste l’expo dédiée aux présidents du festival Dupuy et Berbérian somme toute instructive.
Pinacle de l’échec, la carte du Tire-Bouchon, refuge mérité de cette journée inter-minable nous comble de restes payés plein tarif. Un sentiment de frustration, samedi, une journée à oublier, à éviter pour tous les agoraphobes. Dans ces conditions de totale loose, inutile de tenter la soirée Grolandaise à la Nef.
30 janvier 2009
Angoulême 2009, un récit de Phil Akter-Tome 1-
Malgré une arrivée tardive à J+0, le bédéphile que je suis ne boude pas son plaisir et ne s’y trompe pas : Ca y est, je suis bien au 36ème festival de la BD d’Angoulême, je suis à la Mecque de la bulle. Pour autant, de nombreuses épreuves jalonneront mon enthousiasme de festivalier néophyte. Face à moi, hébergé gracieusement quartier Waldeck chez Fred et Stéphanie, des amis un peu bobo, un peu BD, se dresse un triple calvaire, signe qu’un festival est aussi un chemin de croix.
Les divers stands des éditeurs, le cinquantenaire du couple Boule et Bill postés devant l’hôtel de ville, un Lucien couché sur le shelter de la billetterie, autant de silhouettes connues parsèment les rues d’Angoulême. Ce matin, plan en poche, direction et occupation du Manga Building.
Vendredi : J+1, Stéphane Bern et Manga Building
Partenaire et porte-voix du festival, France Inter avait délocalisé son programme phare " Le fou du roi " dans la cité angoumoisine. L’occasion d’assister dans un amphi comble à une émission de radio en direct live. Ambiance au rendez-vous, Stéphane Bern excelle dans le passage de plats. Hirata, Cestac et Teulé, Dupuy et Berbérian, tout le monde joua le jeu, Rodolphe Burgé donna le ton. Seul bémol : les chroniques de Morin et Maillot redondantes et convenues qui consistent à dénigrer systématiquement une province vue par les parigots comme moisie et arriérée. L’Angoumoisine, aux épaules velues, chaussée de sabots fourrés à la paille propose à l’autochtone une douche au pineau avant de s’accoupler. Mouais. Une fois ça peut passer mais deux fois, ça devient lourd, très lourd. Et là de m’interroger : Les deux chroniqueurs se sont-ils concertés afin d’éviter de pondre deux fois leur chronique sous le même angle ? L’ont-ils " torchée " dans le TGV qui les menait à Angoulême sans se soucier de leur public, auquel cas leur chronique relève plus de l’insulte que de l’humour. Heureusement, Albert Algoud par ses connaissances permet de hisser les débats et d’éveiller la curiosité.
Fin du show, petite pause qui me permet d’admirer le travail de Miyazaki, de Hirata et d’assister à la genèse de Kitaro le repoussant. Les diverses expos qui émaillent le Manga Building conforte bien le rang de ce segment de la bande dessinée, devenu incontournable et drainant une cohorte d’ados mi-nerds pour lesquels Boule et Bill apparaissent antédiluviens. Impression confirmée lors de la projection de l’anime " Eyes Shield 21 ", série sportive axée sur le football américain. On ne peut que saluer les différentes initiatives de Kaze qui auront permis aux néophytes et aux fans de pouvoir se gaver de japanimation. Le Manga Building sera d’ailleurs victime de son succès lors de l’AVP de Ponyo sur la falaise.
En attendant la projection de 20h, Fred et moi nous promenons dans l’expo dédiée à la BD flamande : Amusant, interactif, je découvre un univers absurde, noir, drôle et cruel, des auteurs méconnus en hexagone.
Maintenant, la bulle des poids lourds : L’espace éditeurs du Champ de Mars. Tous les gros sont là : Dargaud, Dupuis, Glénat, Castermann…Un incroyable catalogue de titres et de succès. Il fait bon dans cette bulle, presque un peu trop d’ailleurs et je file chez Glénat pour voir les nouveautés. Et là, à la dédicace se dessine un visage ressemblant à sa caricature, celui de Maëster venu dédicacer les dernières aventures de sa bonne sœur fétiche. Je m’enquiers de la foule présente et je pense que c’est jouable. Erreur ! Revenu quelques instants après, je constate que Maëster dédicacera sur tirage au sort ! Un peu marri pour Stéphanie qui est une inconditionnelle de sœur Marie-Thérèse, nous envisageons de reporter la dédicace au lendemain samedi. Seconde erreur ! Le samedi fût un jour noir.
Une fois les divers stands visités, je propose un verre qui nous aura permis de croiser au détour d’une rue, un Geluck coiffé d’un melon et d’entendre les bruissements du festival : Winshluss est le nom qui revient le plus souvent dans la bouche des festivaliers… En attendant la projection de 20h, nous assistons à la performance graphique sous photoshop et en direct de Murata Range. 20 heures, " 20 th Century Boys " commence. Premier volet de l’adaptation de la trilogie éponyme, 20th Century Boys est un film plutôt bien fichu. 30 ans après, des amis d’école se retrouvent afin de contrecarrer un plan machiavélique de destruction du monde annoncé 30 ans auparavant lors de l’un d’entre eux. Alternance de flash backs, explosion nucléaire, secte et clin d’œil aux 7 samouraïs, ce film typiquement japonais se laisse regarder. Petit détour par le centre ville avant de regagner nos pénates car demain Fred est désigné afin de conquérir le précieux sésame qui nous permettra d’assister à l’AVP tant attendue : Ponyo sur la falaise !
08 décembre 2008
Le Chakipu dédicace !
Tu pues le chat, tu pues le chat comme aimait à le chanter la poétesse Phoebe Bouffay. Effectivement le Chakipu exhale un parfum, celui de la déconne qui mêle trash, non-sens et dessins dans les marges.
Le Chakipu c'est un collectif d'auteurs/dessinateurs nantais dont la bonne humeur transparaît au fil des pages. Le troisième opus spécial horreur est dans la veine d'un Métal Hurlant de la grande époque, bref pour un demi paquet de clopes, grillez vous les zygomatiques en effeuillant ce zine.
Présents au festival CrayoNantes tout le week-end, j'ai même eu le droit à une dédicace alors que je n'étais pas présent, c'est-y-pas beau ça ! Merci à Clé et Toma.
Leur blog : http://lechakipu.canalblog.com/
06 décembre 2008
Bulles d'Aire dans les Landes
Achdé qui fait l'actu avec le dernier Lucky Luke, Pierre Veys qui a repris le ventripotent Achille Talon, des Milky Way à gogo avec Witko et son Muerto Kid, 31 auteurs sont présents tout ce week-end au festival Bulles d'Aire à Aire sur l'Adour, entre Mont de Marsan et Grenade ( commune de mon enfance).
Bref, le Sud-Ouest ce n'est pas seulement le pays des Bandas, du Foie gras et de la garbure mais aussi celui des phylactères à consommer sans modération !
14 novembre 2008
CrayoNantes 2008
Troisième édition pour ce Festival de BD nantais qui doucement mais surement s'installe dans les agendas des bédéphiles.
Une fois de plus, la Manu ouvrira ses portes à de nombreux auteurs à la fois du crû, à la fois établis, à la fois confidentiels et grand public avec en maître de cérémonie F'murr. J'imagine en cet instant vos yeux écarquillés de bonheur qui pétillent de joie rien qu'à la lecture du nom de cet auteur, lequel nom d'ailleurs relève plus de l'onomatopée de phylactère que du pseudo.


Monsieur F'murr sera dispo afin de vous couvrir de dédicaces, enfin j'espère. L'occasion de redécouvrir un univers particulier qui mêle une ligne typée et des cocasseries de non-sens. Pour épauler F'murr, Didier Crisse, le dessinateur de Kookaburra mais aussi Gess de Carmen Mac Callum et aussi Jaap de Boer. Une chouette de Dream Team qui fait escale à Nantes le 6 et 7 Décembre 2008.
Plus d'infos http://www.nantesbd.com/dotclear2/
05 septembre 2008
Mystères et Phylactères
Dans de nombreux domaines, les arcanes de la création se confondent avec inspiration, faisceaux de connaissances et trajectoires de vie. Le neuvième art n’échappe pas à la règle et nombreuses de ses plus célèbres silhouettes doivent à la ré-appropriation et réinterprétation d’œuvres antérieures.
Astérix en Belloy
Depuis Eve créée grâce à une côte d’Adam, c’est un fait biblique établi : il faut toujours un brouillon avant de créer un chef-d’œuvre. Uderzo aura su faire de sa série Belloy le prototype idéal d’expérimentations graphiques qui allaient le conduire lui et le génialissime Goscinny vers le pinacle de la Gloire. Uderzo patine et lorgne vers ses confrères yankee qui alignent succès sur succès avec des titres comme Captain Marvel, Tarzan. Esseulé, Uderzo s’essaie aussi au super héros. De Ary Buck à Belloy, ses séries demeurent confidentielles.
Avec Belloy, Uderzo imprime un style graphique identifiable entre tous et recrée pour la BD le duo des héros, recette éprouvée au cinéma. D’un côté le Héros, aux sentiments nobles et au port altier, de l’autre le sparring-partner, le comparse qui par effet de contraste donne tout le relief nécessaire à la construction d’histoires mêlant situations burlesques et grandes aventures. Les germes prototypiques du succès d’Astérix sont déjà présents.
Néanmoins, il manque un ingrédient pour que la mayonnaise prenne. Cet ingrédient, cette touche géniale viendra d’Argentine et se nomme Goscinny. Les deux compères trouvent en France le pays ad hoc qui leur permettra de recréer l’histoire de France, une histoire qui déjoue la collaboration, qui honore la résistance et l’idée d’une terre promise à l’abri des agresseurs de tous poils, l’idée d’une Gaule aux carrefours d’Aden Auer et de De Gaulle qui réconcilie, cimente une V ème république et une Europe naissante.
Tintin, double sublimé de son auteur, aurait été sans doute affublé d’un autre pseudonyme si Hergé n’avait pas croisé la route de Benjamin Rabier. Si peu d’entre nous connaissent son nom, beaucoup de 7 à 77 ans, connaissent ses créations.
Benjamin Rabier, illustrateur animalier, auteur de Gédéon s’est illustré auprès du grand public par ses nombreuses créations publicitaires. De la lessive " Le Chat " en passant par " La Vache qui Rit ", les (grands) enfants reconnaissent entre mille cette vache souriante et écarlate qui anime les portions de fromage.
Très tôt, Hergé a su puisé chez Benjamin Rabier une inspiration : " J'ai été immédiatement conquis. Car ces dessins étaient très simples. Très simples, frais, robustes joyeux, et d'une lisibilité parfaite. En quelques traits bien charpentés tout était dit : le décor était indiqué, les acteurs en place ; la comédie pouvait commencer. ".
Au point que l’on peut se demander si le célèbre reporter belge ne doit pas son allure enfantine, ses pantalons de golf et quelques-unes de ses péripéties au Tintin-Lutin, de Rabier.
L'ombre de Mickey
Iwerks le créateur, Disney le gestionnaire. Ainsi peut-on résumer la relation loyale et d’amitié qu’entretenaient les deux compères. Néanmoins, nombreux ont oublié le nom et le prénom du véritable papa de Mickey avant que celui-ci ne se transforme en multinationale : Le père de Mickey s’appelle Ub Iwerks.
Quelques-uns des premiers dessins animés de Mickey Mouse furent presque entièrement animés par Iwerks. Il fut pendant de nombreuses années le meilleur ami de Walt Disney et passa presque toute sa carrière avec lui. Iwerks et Disney eurent un différend et leur amitié en souffrit quand Iwerks accepta un contrat avec un concurrent pour quitter Disney et ouvrir un studio d'animation à son propre nom.
Iwerks était connu pour son travail rapide au dessin et l'animation ainsi que son sens de l'humour farfelu. L'animateur Chuck Jones, qui travailla pour les studios d'Iwerks dans sa jeunesse, disait qu'Iwerks était cinglé (mais) orthographié en arrière" (Iwerks est phonétiquement le palindrome de screwy, c'est-à-dire cinglé). Ub Iwerks mourut d'une crise cardiaque à Burbank en Californie.
Du brouillon à l’inspiration, de la ré-interprétation à la ré appropriation, en BD comme ailleurs, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.




